L'héritage légal aux Émirats : répartition et droits des héritiers
La succession légale fondée sur la charia est répartie, aux Émirats arabes unis, entre les héritiers du défunt musulman conformément aux dispositions de la charia islamique codifiées dans la loi fédérale sur le statut personnel, et elle s'applique à la succession du musulman quelle que soit sa nationalité. La succession n'est pas partagée directement ; on en prélève d'abord des droits ordonnés : les frais de préparation funéraire du défunt, puis le paiement de ses dettes, puis l'exécution de son testament dans la limite du tiers, et ce qui subsiste est partagé entre les héritiers. L'héritier hérite soit par part fixe (une quote-part déterminée telle que la moitié, le quart, le huitième, les deux tiers, le tiers et le sixième), soit par attribution résiduaire (une part non déterminée qui recueille ce qui reste), soit par les deux, soit par le lien de parenté. Chacun a une part fixée par la loi selon son degré, son lien et la présence d'autres héritiers, sous réserve des règles de l'exclusion (hajb), de la réduction proportionnelle ('awl) et du retour (radd). Avant la répartition, il faut établir le décès, recenser les héritiers et inventorier la succession devant le juge des successions.
La succession en droit musulman aux Émirats arabes unis : comment la masse successorale est-elle répartie et quels sont les droits des héritiers ?
1. L'ordre des droits sur la succession avant la répartition de l'héritage
La répartition de l'héritage ne commence qu'après l'apurement d'un ensemble ordonné de droits sur la succession, classés par la loi sur le statut personnel selon un ordre impératif ; les héritiers ne reçoivent que le solde net qui subsiste après ces droits.
Préparation funéraire du défunt
Frais de la toilette mortuaire, du linceul et de l'inhumation selon l'usage.
Paiement des dettes
Les droits de Dieu et ceux des personnes dus par le défunt.
Exécution du testament
Dans la limite du tiers de la succession, sauf accord des héritiers.
Partage du reliquat
Répartition de ce qui subsiste entre les héritiers selon leurs parts.
2. Les conditions du droit à l'héritage et ses empêchements
Le droit à l'héritage suppose que le décès du de cujus soit établi en fait ou par jugement, que l'héritier lui survive ne fût-ce qu'un instant, qu'existe une cause de succession (mariage ou parenté), et qu'aucun empêchement ne s'applique. L'empêchement le plus marquant est le meurtre intentionnel du de cujus, qui prive le meurtrier de son héritage.
Décès établi du de cujus · survie de l'héritier · existence d'une cause de succession · absence d'empêchements.
Meurtre intentionnel et sans droit du de cujus · différence de religion entre le défunt et l'héritier.
3. Les types d'héritage : part fixe, attribution résiduaire et parenté
La loi répartit le droit des héritiers selon trois modes : l'héritage par part fixe (fard), quote-part déterminée par la charia au profit de son titulaire ; l'héritage par attribution résiduaire (ta'sib), part non déterminée dont le titulaire recueille ce qui reste après les titulaires de parts fixes ; l'héritier peut réunir la part fixe et l'attribution résiduaire ; et à défaut de titulaire de part fixe et de successeur résiduaire, l'héritage revient aux parents par les liens utérins (dhawu al-arham).
Quote-part déterminée par la charia
Recueille le reliquat après les parts fixes
À défaut de part fixe et de résiduaire
4. Les six parts fixes et leurs titulaires
La loi fixe les quotes-parts déterminées à six parts, dues aux titulaires de parts fixes, à savoir : l'époux et l'épouse, le père et la mère, le grand-père et la grand-mère, la fille et la fille du fils, les sœurs, et les frères et sœurs utérins. Voici les six parts :
La moitié
Le quart
Le huitième
Les deux tiers
Le tiers
Le sixième
5. Les parts des héritiers en détail
La part de chaque héritier varie selon la présence ou l'absence d'un descendant héritier (les enfants et les enfants du fils) et selon la présence d'autres héritiers. Voici un tableau simplifié des principales parts telles que prévues par la loi :
Avertissement : il s'agit de parts simplifiées à des fins de sensibilisation ; la part réelle change avec la composition des héritiers, et la réduction proportionnelle ('awl), le retour (radd) ou l'exclusion (hajb) peuvent intervenir dans le calcul ; la succession doit donc être calculée au cas par cas.
6. L'attribution résiduaire et l'ordre des successeurs résiduaires
Le successeur résiduaire ('asib) est celui qui recueille ce qui reste de la succession après les titulaires de parts fixes, et peut prendre la totalité de la succession lorsqu'il est seul. La loi classe les successeurs résiduaires par filiation, en donnant priorité au groupe le plus proche, puis au plus proche en degré, puis au plus fort en parenté, comme suit :
7. L'exclusion (hajb) : privation et réduction
L'exclusion (hajb) est la privation de tout ou partie de l'héritage à l'égard de celui qui réunit une cause de succession, en raison de la présence d'un autre héritier prioritaire. Elle est de deux sortes : l'exclusion par privation, qui écarte l'héritier de la totalité de la succession, et l'exclusion par réduction, qui ramène sa part du plus au moins. Celui auquel s'applique un empêchement à l'héritage n'exclut pas les autres ; en revanche, l'héritier exclu par privation ou par réduction peut exclure ceux qui le suivent lorsque la cause d'exclusion existe.
Écarter totalement l'héritier de la succession en raison de la présence d'un prioritaire.
Réduire la part de l'héritier du plus au moins.
8. La réduction proportionnelle ('awl), le retour (radd) et les parents par les liens utérins
Les parts fixes peuvent se concurrencer jusqu'à dépasser la succession ; elle est alors partagée au prorata des parts dans ce que l'on appelle l''awl, la diminution frappant chacun proportionnellement. À l'inverse, lorsque les parts fixes n'épuisent pas la succession et qu'il n'existe pas de successeur résiduaire, le reliquat est restitué aux titulaires de parts fixes (à l'exception des conjoints) au prorata de leurs parts, dans ce que l'on appelle le radd. Et à défaut de titulaire de part fixe et de successeur résiduaire, l'héritage revient aux parents par les liens utérins (dhawu al-arham) — tout parent qui n'hérite ni par part fixe ni par attribution résiduaire, tels que les enfants des filles, les enfants des sœurs, et les oncles et tantes maternels.
9. Les procédures de recensement des héritiers et de liquidation de la succession
Avant la répartition de l'héritage, un parcours judiciaire devant le juge des successions est requis ; il commence par l'établissement du décès et le recensement des héritiers, passe par l'inventaire de la succession et l'apurement des droits qui la grèvent, et s'achève par son partage et la distribution des parts. Le juge des successions peut rendre un jugement établissant le décès, recensant les héritiers, inventoriant la succession, la liquidant, la distribuant, désignant un tuteur des mineurs et un administrateur de la succession, et connaître des litiges relatifs à l'inventaire, à la liquidation et au partage.
10. Le rôle de l'avocat dans les affaires d'héritage
Les affaires d'héritage comptent parmi les plus sensibles, en raison de l'enchevêtrement des parts, de la multiplicité des héritiers et de la diversité des actifs. L'avocat représente les héritiers pour obtenir l'attestation d'hérédité, inventorier la succession, plaider dans les litiges de partage, d'exclusion et de testaments, et accélérer la levée des comptes gelés et le transfert de propriété des biens et actifs, de manière à préserver la part de chaque héritier et à empêcher la dissipation de la succession.
Références juridiques
Questions fréquentes
Avertissement juridique
Les informations contenues dans cet article ont un caractère éducatif et de sensibilisation général, visant à diffuser la culture juridique et à renforcer la conscience des individus et des familles quant aux règles de l'héritage et à l'importance d'inventorier la succession de manière précoce ; elles ne constituent pas une consultation juridique applicable à un cas particulier. Les parts réelles varient selon la composition des héritiers et les documents de la succession, et la réduction proportionnelle ('awl), le retour (radd) ou l'exclusion (hajb) peuvent intervenir dans le calcul.
Pour obtenir un calcul précis et un avis juridique adapté à votre situation, veuillez contacter notre équipe juridique spécialisée.
Ce texte français est une traduction fournie à titre indicatif ; la version en langue arabe de cet article fait foi en cas de divergence.
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