Litiges locatifs et éviction devant le Centre de règlement des litiges locatifs
En cas de litige locatif à Dubaï — retard de paiement, désaccord sur une augmentation de loyer ou avis d’expulsion — l’organe compétent pour trancher est le Centre de règlement des litiges locatifs, rattaché au Département foncier de Dubaï. La loi protège le locataire contre l’expulsion abusive, et l’expulsion à l’échéance du bail requiert un préavis de douze mois signifié par le notaire public ou par courrier recommandé, tandis que l’expulsion en cours de bail n’est admise que pour des motifs précis tels que le défaut de paiement ou la sous-location sans autorisation. Une condition essentielle de toute action devant le Centre est l’enregistrement du contrat sur Ejari. Dans ce guide de AWADH ALMHEIRI LAW FIRM AND LEGAL CONSULTATIONS, nous exposons la position de la loi sur chaque situation et vos démarches devant le Centre.

Litiges locatifs et expulsion devant le Centre de règlement des litiges locatifs à Dubaï : vos droits et démarches
Qu’est-ce que le Centre de règlement des litiges locatifs et quelle est sa compétence ?
Le Centre de règlement des litiges locatifs est un organe judiciaire spécialisé créé par le décret de Dubaï n° 26 de 2013. Il a compétence exclusive pour trancher tous les litiges locatifs entre bailleurs et locataires dans l’émirat de Dubaï, y compris dans les zones franches, sous réserve d’exceptions précises. Un litige suit généralement une voie graduée : il commence par une phase de conciliation et de médiation pour un règlement amiable ; à défaut, il est renvoyé au tribunal de première instance pour jugement, susceptible d’appel, tandis que le département de l’exécution met en œuvre les droits reconnus après jugement.
Le cadre juridique de la relation locative à Dubaï
La relation locative à Dubaï est régie par la loi régissant la relation entre bailleurs et locataires (loi n° 26 de 2007) et son amendement (loi n° 33 de 2008), par le décret déterminant les augmentations de loyer (décret n° 43 de 2013), ainsi que par le décret créant le Centre. Une exigence fondamentale de ce cadre est que le contrat soit enregistré sur Ejari ; un contrat non enregistré n’est pas reconnu et aucune action fondée sur lui ne sera entendue par le Centre.
Quand l’expulsion est-elle permise en cours de bail ?
En principe, un contrat ne peut être résilié unilatéralement en cours de bail. Néanmoins, la loi permet au bailleur de demander l’expulsion avant l’échéance pour des motifs précis, principalement : le défaut de paiement du loyer, en tout ou partie, dans les 30 jours suivant la mise en demeure du bailleur ; la sous-location sans son accord écrit ; l’usage du bien à des fins illicites ou immorales ; et le fait de causer un dommage au bien ou d’y apporter des modifications affectant sa sécurité. Dans ces cas, le bailleur peut saisir le Centre directement.
L’expulsion à l’échéance du bail et le préavis de douze mois
À l’échéance, l’expulsion n’est admise que pour des motifs limitatifs : la volonté du propriétaire de vendre le bien ; son besoin pour un usage personnel ou celui d’un parent au premier degré, à condition de prouver qu’il ne possède pas d’alternative appropriée ; la démolition et reconstruction ; ou le besoin d’un entretien complet ne pouvant être réalisé tant que le locataire occupe les lieux, attesté par un rapport technique de la municipalité de Dubaï ou agréé par elle. Dans tous ces cas, le propriétaire doit notifier au locataire les motifs au moins 12 mois avant la date fixée, par le notaire public ou par courrier recommandé.
Si le propriétaire récupère le bien pour usage personnel, il ne peut le louer à autrui qu’après deux ans pour un bien résidentiel et trois ans pour un bien non résidentiel ; à défaut, le locataire peut réclamer une indemnisation. Cette restriction protège contre l’invocation de l’usage personnel pour évincer le locataire.
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Les augmentations de loyer et leur plafond légal
Les augmentations de loyer ne sont pas laissées à la discrétion du bailleur, mais régies par le décret sur les augmentations, leur taux étant mesuré par rapport à l’indice locatif établi par l’Agence de régulation immobilière (et l’indice locatif intelligent en vigueur), selon l’écart entre le loyer actuel et la moyenne des biens comparables du secteur. L’autre partie doit en outre être avisée de toute intention de modifier les conditions ou le loyer au moins 90 jours avant l’échéance. Imposer une augmentation au-delà du plafond, ou sans respecter le préavis, constitue un manquement contestable devant le Centre.
Protéger le locataire de l’expulsion abusive et des coupures de services
La loi accorde au locataire d’importantes protections : le contrat ne peut être résilié unilatéralement en cours de bail, et le locataire a le droit de demeurer dans le bien et d’en jouir jusqu’à l’achèvement légal des procédures d’expulsion. La loi interdit également au bailleur de couper les services du bien loué ou d’empêcher le locataire d’en jouir afin de forcer une expulsion. Si l’expulsion se révèle abusive — par exemple évincer le locataire pour usage personnel puis louer le bien à autrui — le locataire peut réclamer une indemnisation devant le Centre.
Comment engager votre action devant le Centre
Une action commence par la préparation des pièces : le contrat de bail et le certificat Ejari, la pièce d’identité, les reçus de paiement et les copies des avis et échanges. L’affaire est ensuite enregistrée et renvoyée à la conciliation et médiation ; en cas d’accord, il est consigné dans une convention contraignante, sinon le tribunal compétent rend son jugement. Après un jugement d’expulsion, le bailleur saisit le département de l’exécution pour réclamer les loyers et charges dus jusqu’à la date effective d’expulsion. Documenter chaque étape par écrit détermine l’issue devant le Centre.
Conseils pratiques avant tout litige
Enregistrez votre contrat sur Ejari L’enregistrement est une condition de l’action devant le Centre ; il protège votre contrat et empêche la double location — ne signez jamais sans enregistrer. | Signifiez les avis formellement Signifiez tout avis d’expulsion ou de paiement par le notaire public ou par courrier recommandé ; un avis par WhatsApp ou par appel n’est pas reconnu. |
Conservez les reçus de paiement Rassemblez les reçus de loyer et de dépôt et les échanges — base de la preuve de votre position dans tout litige devant le Centre. | Vérifiez d’abord l’augmentation Comparez l’augmentation demandée à l’indice locatif ; une hausse au-delà du plafond ou sans préavis de 90 jours est contestable. |
Références juridiques
Pas de résiliation unilatérale en cours de bail : article 7. Préavis de modification des conditions ou du loyer 90 jours à l’avance : article 14. Motifs d’expulsion en cours de bail : article 25(1) ; et motifs d’expulsion à l’échéance avec préavis de 12 mois : article 25(2). Restriction de relocation après récupération pour usage personnel : article 26. Plafond des augmentations de loyer : article 4. Interdiction de couper les services du bien loué : article 34.
Détermination des augmentations de loyer des biens dans l’émirat de Dubaï (indice locatif).
Création du Centre de règlement des litiges locatifs, sa compétence et son système de conciliation et de médiation.
Foire aux questions
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