Amendes allant jusqu'à 15 millions d'euros : l'UE oblige les entreprises à étiqueter le contenu de l'IA
À compter du 2 août prochain, l'Union européenne commence à appliquer de nouvelles règles obligeant les entreprises à apposer des marques visibles et des filigranes numériques clairs sur les contenus réalistes produits ou modifiés à l'aide de l'intelligence artificielle, et ce dans le cadre du premier dispositif législatif complet au monde régissant ces technologies, connu sous le nom de « règlement sur l'intelligence artificielle ».
Cette démarche vise à limiter la désinformation numérique, à renforcer la transparence et à protéger la démocratie et les consommateurs, tout en imposant aux contrevenants des amendes sévères pouvant atteindre 15 millions d'euros ou 3% du chiffre d'affaires annuel mondial total de l'entreprise.
En vertu des nouvelles dispositions, les utilisateurs doivent être informés dès qu'ils interagissent avec des agents conversationnels ou qu'ils sont exposés à des contenus médiatiques paraissant réels et générés artificiellement, outre l'obligation de divulguer les textes portant sur des questions d'intérêt général non soumis à une révision humaine. Sont exclus de ces règles les œuvres artistiques et satiriques, les contenus de fiction, ainsi que ce que les utilisateurs produisent à des fins personnelles.
Les systèmes existants bénéficient d'un délai de quatre mois pour se conformer à ces règles, dont le code a été signé par plus de 180 organisations, la Commission mettant à disposition des symboles unifiés que les entreprises peuvent utiliser pour classer les contenus.
La commissaire européenne chargée de la technologie, Henna Virkkunen, a affirmé que l'intelligence artificielle offre des avantages considérables mais comporte des risques sans précédent, soulignant l'importance de ce cadre juridique pour garantir la confiance, offrir une sécurité juridique aux innovateurs et protéger l'intérêt général ainsi que l'intégrité de l'espace numérique européen, alors même que certaines entreprises technologiques ont exprimé leurs craintes quant à un élargissement excessif du champ des contenus devant être marqués, tout en soutenant l'idée de révéler les contenus falsifiés.
Source : Agence de presse émiratie - WAM