Aïd Al-Muhairi lors de la Journée mondiale du droit : L'État de droit, un critère de confiance et d'attractivité pour les investissements
Le monde célèbre la Journée mondiale du droit le 13 septembre de chaque année, une occasion pour les États et les institutions judiciaires et juridiques de rappeler le rôle du droit comme instrument de protection des droits et de préservation de la paix sociale. À cette occasion, l’avocat Awadh Mubarak Almheiri a affirmé que la primauté du droit n’est plus seulement une affaire judiciaire interne, mais qu’elle est devenue un critère de la confiance de la société et de l’attractivité de l’environnement des affaires.
Une occasion renouvelée depuis les années 1960
La Journée mondiale du droit remonte à une conférence internationale tenue à Washington en 1965 sous le mot d’ordre « La paix mondiale par le droit », à laquelle ont participé des délégations de dizaines de pays. L’occasion est ensuite devenue un rendez-vous annuel au cours duquel les milieux juridiques rappellent que le droit est une voie vers la paix et la stabilité, et non le seul instrument de la sanction.
Almheiri a indiqué que cette occasion revêt aux Émirats arabes unis une dimension pratique concrète, car la législation n’y est pas restée un texte figé : elle a fait l’objet, ces dernières années, de révisions successives portant sur les transactions civiles, la procédure pénale, les relations de travail, le statut personnel et les sociétés, ce qui a rendu le système juridique plus apte à appréhender les nouvelles formes de litige.
Une législation qui accompagne le présent et anticipe l’avenir
Il a expliqué que les avancées réalisées en matière de justice numérique, de simplification des procédures et de réduction des délais de règlement des litiges ont eu un effet direct sur les justiciables, particuliers comme entreprises, et qu’une justice prompte n’est plus un slogan mais un résultat mesurable, tant dans le délai de jugement que dans la rapidité d’exécution des décisions.
Il a ajouté qu’un investisseur qui choisit un marché ne considère pas les seules incitations économiques : il s’interroge d’abord sur la clarté de la législation et sur la capacité des tribunaux à trancher un litige et à faire exécuter la décision, ce qui fait de la qualité du système juridique une composante à part entière de la compétitivité économique.
Le mot de l’avocat Awadh Almheiri
Le droit ne se mesure pas au nombre de ses dispositions, mais à la capacité d’une personne ordinaire d’y accéder, de le comprendre et de s’y abriter. Ce que nous avons constaté aux Émirats ces dernières années, c’est que la législation s’est rapprochée des gens : des procédures plus rapides, des tribunaux numériques et des textes rédigés dans une langue accessible au non-spécialiste. Il nous appartient, à nous avocats, de poursuivre ce chemin en faisant sortir le droit des couloirs des tribunaux pour l’installer dans la conscience de la société, car un droit que son titulaire ignore est perdu avant même de parvenir au juge.
La culture juridique, première ligne de défense
Almheiri a relevé que bon nombre des litiges qui parviennent aux tribunaux auraient pu être évités s’ils avaient été précédés d’un contrat écrit clair, d’une brève consultation avant signature ou d’un examen attentif d’une clause pénale ou d’une clause d’arbitrage, soulignant que la culture juridique n’est plus un luxe réservé aux spécialistes mais un besoin quotidien, tant pour les particuliers que pour les chefs d’entreprise.
Il a poursuivi en indiquant que la Journée mondiale du droit est l’occasion de saluer les juges, les membres du parquet, les avocats, les chercheurs et les professionnels du droit du pays, et de renouveler l’attachement au rôle de la profession d’avocat dans la protection des droits et la préservation de la justice, soulignant que ce métier est d’abord une charge de confiance et que défendre un seul droit à sa juste place sert la société tout entière.