Voici les questions que notre cabinet reçoit le plus souvent en matière de stupéfiants et de substances psychotropes, classées selon leur place dans le déroulement de l’affaire : du moment du test à la demande de traitement, de la détention et de l’introduction sur le territoire jusqu’aux suites du jugement. Les réponses sont tirées du texte en vigueur de la loi sur la lutte contre les stupéfiants et les substances psychotropes et de ses modifications, et non d’appréciations générales. Il faut savoir d’emblée que la loi distingue de manière décisive la personne appréhendée de celle qui se présente pour demander un traitement avant l’émission d’un mandat d’arrêt — et qu’aucune action pénale n’est engagée contre la seconde. Sous chaque réponse figure le détail qui détermine l’issue en pratique, car un seul élément suffit à changer la qualification.

I. Questions sur le test et la consommation
Ce sont les questions les plus fréquentes, et les plus liées au moment de l’interpellation :
QMon test est positif : quelle est la peine ?
Elle varie selon le type de substance et le nombre d’occurrences. Pour les substances des Tableaux 1, 2 et 5, la peine encourue la première fois est un emprisonnement d’au moins 3 mois ou une amende de 20 000 à 100 000 dirhams. La deuxième fois dans un délai de 3 ans, elle passe à un emprisonnement d’au moins 6 mois ou une amende de 30 000 à 100 000 dirhams. À la troisième fois ou au-delà, elle devient un emprisonnement d’au moins deux ans et une amende d’au moins 100 000 dirhams.
QLa peine de la première fois diffère-t-elle de la deuxième et de la troisième ?
Oui, et la différence est essentielle. La loi établit une échelle progressive fondée sur le nombre d’occurrences et subordonne l’aggravation de la deuxième à sa survenance dans les 3 ans suivant le premier fait. Surtout, la juridiction conserve la faculté de descendre en dessous de la peine prévue lors des première et deuxième occurrences, faculté exclue dans d’autres hypothèses, et le sursis à exécution n’est pas admis à partir de la troisième.
QLe ministère public a demandé un échantillon : puis-je refuser ?
Le refus constitue une infraction distincte, souvent plus grave que la consommation elle-même. Quiconque, visé par une décision du ministère public ordonnant le prélèvement d’un échantillon, refuse sans justification, est puni d’un emprisonnement d’au moins deux ans et d’une amende d’au moins 100 000 dirhams. Le refus peut donc exposer à une peine plus lourde que celle que l’on cherchait à éviter.
QLa quantité était faible et mélangée : cela réduit-il le poids retenu ?
Non. La loi dispose expressément que le degré de pureté n’est pas pris en compte pour déterminer le poids dès lors que la présence de la substance est établie par le rapport de la police scientifique, et que les composants et impuretés mélangés en font partie intégrante. Lorsque la substance revêt une forme pharmaceutique, on retient la proportion pondérale indiquée sur l’emballage du fabricant.
QJ’étais présent dans un lieu où d’autres consommaient sans consommer moi-même : suis-je en cause ?
Oui, si vous connaissiez la nature du lieu. Quiconque est appréhendé dans un lieu aménagé pour la consommation de stupéfiants, en connaissance de cause, est puni d’un emprisonnement de 6 mois à un an et d’une amende de 10 000 à 20 000 dirhams. La loi en exclut le conjoint, les ascendants et les descendants de celui qui a géré, préparé ou aménagé le lieu.
II. Questions sur le traitement et l’absence de poursuites
C’est le volet que la plupart ignorent, et le plus déterminant en pratique :
QSi je me présente pour demander un traitement, serai-je poursuivi ?
Non. La loi dispose qu’aucune action pénale n’est engagée contre le consommateur qui se présente de son plein gré à l’unité de traitement, au ministère public ou à la police avant l’émission d’un mandat d’arrêt en demandant son placement pour traitement ; il est alors placé auprès de l’unité jusqu’à ce qu’elle décide de sa sortie. La condition décisive est le moment : avant le mandat d’arrêt.
QMa famille peut-elle demander mon placement en traitement ?
Oui. La loi permet la demande par le conjoint, un parent jusqu’au deuxième degré, la personne chargée de son éducation, ou l’établissement d’enseignement où il étudie, après coordination avec le spécialiste de la protection de l’enfance et avec l’accord de ses parents. Si la demande émane d’une autre personne, l’entité qui procède au placement doit obtenir l’accord du ministère public pour le placement comme pour la sortie.
QJ’ai des substances sur moi et je veux demander un traitement : cela fonctionne-t-il ?
Oui, à condition de les remettre. La loi exclut expressément du bénéfice de l’exemption quiconque détenait un stupéfiant ou une substance psychotrope et ne l’a pas remis à l’unité, au ministère public ou à la police lors de sa demande de traitement, ainsi que celui qui a refusé un placement ordonné par le ministère public. Dans ces deux cas, l’action pénale suit son cours.
QQuelle est la durée du traitement en unité de réhabilitation ?
La durée du traitement et de la réhabilitation ne peut en aucun cas excéder un an. Après avis du ministère public, la juridiction peut ordonner la sortie de la personne placée si le rapport établit que son état de santé le permet, ou à sa propre demande avec l’accord de la commission de surveillance.
QLa juridiction peut-elle ordonner un traitement au lieu d’une peine ?
Oui, hors récidive. La loi permet de substituer à la peine le placement du condamné dans une unité de traitement et de réhabilitation, après avis de la commission de surveillance, laquelle doit remettre un rapport sur son état dans les 6 mois. Ne peut y être placée la personne qui l’a déjà été en exécution d’un jugement antérieur ou qui en est sortie depuis moins de 3 ans.
QQue se passe-t-il si je ne respecte pas le programme de traitement ?
L’unité en avise le ministère public et la commission de surveillance établit un rapport sur les manquements, transmis au parquet compétent. La juridiction prononce alors un emprisonnement d’au moins un an, la durée du placement étant déduite de la peine prononcée. La loi précise également qu’aucune action pénale n’est engagée contre la personne qui achève le programme de traitement.
III. Questions sur la détention, l’introduction et le trafic
Ici, la qualification passe du délit au crime en raison de l’intention, et non de la seule quantité :
QQuelle différence entre consommation, détention et trafic ?
La différence tient à l’intention. La détention en vue de la consommation personnelle relève des textes sur la consommation, punis d’emprisonnement ou d’amende. En revanche, la détention en vue du trafic ou de la promotion est punie de réclusion, et, en cas de violation des dispositions relatives à l’importation, à l’introduction et à la culture, elle peut atteindre la peine capitale si elle est commise dans un but de trafic ou de promotion, ou si l’auteur appartient à un groupe hostile ou à une bande organisée.
QUn ami a glissé quelque chose dans ma poche à mon insu : quelle est ma situation ?
La loi punit celui qui a agi ainsi, non l’inverse. Quiconque transfère délibérément des stupéfiants ou substances psychotropes dans la possession ou la détention d’autrui sans que celui-ci en connaisse la nature est puni de réclusion. Votre position dépend de la preuve de l’absence de connaissance, laquelle se construit sur les circonstances, les éléments disponibles et les procès-verbaux d’interpellation.
QQuelqu’un a mis un produit dans ma boisson ou ma nourriture : quelle peine encourt-il ?
Une réclusion n’excédant pas 5 ans et une amende d’au moins 20 000 dirhams. Elle passe à une réclusion d’au moins 10 ans si le fait a été commis dans le but de commettre une infraction contre la victime ou de la rendre dépendante — la réalisation de ce résultat constituant une circonstance aggravante. La peine est la réclusion à perpétuité ou la peine capitale si le fait entraîne la mort de la victime.
QJ’ai porté un vêtement représentant une plante interdite : est-ce une infraction ?
Oui, et c’est un texte largement ignoré. Quiconque fabrique, importe, introduit, vend ou détient en vue de la promotion des marchandises ou imprimés portant des images, dessins ou écrits appelant ou incitant aux infractions en matière de stupéfiants est puni d’une amende d’au moins 50 000 dirhams. Quiconque porte un tel vêtement ou utilise un tel article est puni d’une amende d’au moins 5 000 dirhams et, en cas de récidive, d’un emprisonnement n’excédant pas deux ans.
QQuelle juridiction connaît de l’affaire ?
Pour les infractions de consommation et d’usage personnel, la compétence appartient à la juridiction dans le ressort de laquelle l’interpellation a eu lieu. Les infractions commises dans un but de trafic ou de promotion, celles qui leur sont liées de manière indivisible, ainsi que les infractions de facilitation, relèvent de la compétence exclusive des juridictions fédérales siégeant au siège de la capitale fédérale.
IV. Questions des voyageurs et aux points d’entrée
Les questions des personnes arrivant dans le pays représentent une large part de celles que nous recevons, et des textes particuliers les régissent :
QJ’ai un médicament prescrit par un médecin à l’étranger : est-ce un stupéfiant ?
La consommation ou l’usage personnel n’est permis qu’à des fins thérapeutiques et sur ordonnance du médecin traitant établie conformément aux règles de la loi. Quant aux ordonnances établies à l’étranger pour des médicaments stupéfiants ou psychotropes, la loi renvoie à une décision du Conseil des ministres le soin d’en fixer les règles et les procédures d’introduction dans le pays. La question est donc d’abord réglementaire, et ces formalités doivent être accomplies avant le voyage.
QJ’ai apporté un aliment ou un produit contenant une substance interdite : quelle est la règle ?
Il existe une exception expresse. Ne constitue pas une introduction, importation, transport ou détention punissable le fait, pour une personne arrivant de l’étranger, de transporter des aliments, boissons ou produits contenant certaines substances visées à des rubriques déterminées des Tableaux, à des fins de consommation personnelle, lors d’une première interpellation aux points d’entrée agréés. Un procès-verbal administratif est établi et les produits sont saisis et détruits.
QJe suis visiteur et quelque chose a été trouvé sur moi à l’entrée : serai-je emprisonné ?
La loi prévoit une règle particulière pour les non-nationaux et les personnes non légalement résidentes appréhendées lors de leur entrée par un point terrestre, maritime ou aérien, en possession d’un stupéfiant ou d’une substance psychotrope destinés à la consommation personnelle : la peine est une amende de 5 000 à 1 000 000 de dirhams. Une décision du Conseil des ministres en fixe le montant selon le type et le poids de la substance et le nombre d’interpellations, ainsi que les cas d’interdiction d’entrée sur le territoire et leur durée.
V. Questions sur l’éloignement et les résidents
L’éloignement est la question la plus pressante pour les résidents ; la loi pose une règle et deux exceptions :
QUn étranger est-il expulsé dans une affaire de stupéfiants ?
En principe, oui. La juridiction ordonne l’éloignement de l’étranger déclaré coupable de l’une des infractions prévues par la loi. Celle-ci prévoit toutefois deux exceptions déterminées qui l’excluent de cette mesure — deux exceptions qu’il faut invoquer devant la juridiction, pièces à l’appui.
QMon épouse est ressortissante des Émirats : l’exception me couvre-t-elle ?
Oui, si la condition du texte est remplie. La première exception vise la personne qui, au moment de la commission de l’infraction, était le conjoint d’un national ou son parent par le sang au premier degré. Cette exception repose sur la qualité au moment des faits, et non au moment du jugement — une distinction souvent négligée dans la préparation de la défense.
QJe subviens aux besoins de ma famille installée ici : cela compte-t-il ?
Cela peut compter. La seconde exception vise la personne membre d’une famille résidant dans le pays lorsque la juridiction estime que son éloignement causerait un préjudice grave à la stabilité de la famille ou priverait l’un de ses membres des soins ou de l’entretien nécessaires, et qu’elle constate la capacité financière de la famille à lui assurer un traitement. La famille comprend ici les grands-parents, le père, la mère, les enfants, les frères et les sœurs.
VI. Questions sur les suites du jugement
La fin de la peine ne met pas fin à ses effets ; voici les questions les plus posées après le jugement :
QL’affaire figurera-t-elle sur mon extrait de casier judiciaire ?
La loi dispose que les infractions de consommation et d’usage personnel ne constituent pas un antécédent judiciaire appelant une réhabilitation lorsqu’elles sont commises pour la première fois par des nationaux. Elle prévoit également que le sursis à exécution ne peut être prononcé lorsque l’infraction est commise pour la troisième fois ou au-delà.
QMon permis de conduire sera-t-il retiré ?
Une condamnation pour consommation de stupéfiants ou de substances psychotropes à plus d’une reprise emporte le refus de délivrance du permis de conduire au condamné, ou l’annulation du permis déjà délivré. Cet effet prend fin à l’expiration d’un an à compter de l’achèvement de l’exécution de la peine prononcée.
QCombien de temps dure le contrôle périodique après l’affaire ?
Le condamné, ou la personne placée sur décision de la juridiction, est soumis à un contrôle périodique pendant l’exécution de la peine ou la durée du placement, et cette sujétion se poursuit pendant une durée n’excédant pas deux ans après l’exécution de la peine ou la fin du placement. La violation des règles du contrôle périodique est punie d’un emprisonnement d’au moins un an.
QSerai-je privé de la possibilité de transférer des fonds après l’affaire ?
Oui, pour une durée déterminée. Toute personne condamnée pour l’une des infractions punies par cette loi est privée du droit de transférer ou de déposer des fonds au profit d’autrui, par elle-même ou par l’intermédiaire d’un tiers, sauf autorisation délivrée par la Banque centrale en coordination avec l’autorité compétente ; cette interdiction se poursuit pendant deux ans après l’achèvement de l’exécution de la peine.
QPuis-je être exempté de peine si je dénonce l’infraction ?
Oui, pour des infractions déterminées. Est exempté de peine tout auteur qui prend l’initiative d’informer les autorités judiciaires ou administratives de ce qu’il sait avant que la commission de l’infraction ne commence. La juridiction peut accorder l’exemption lorsque la dénonciation intervient après la commission mais avant l’ouverture de l’enquête, et peut réduire la peine lorsque l’auteur facilite aux autorités, pendant l’enquête ou le procès, l’arrestation de l’un des auteurs.
VII. Recommandations pratiques
Ce qui détermine réellement l’issue de ces affaires
- Le moment avant tout : la voie de l’absence de poursuites n’est ouverte qu’avant l’émission du mandat d’arrêt et se ferme ensuite.
- Ne refusez pas l’échantillon : le refus est une infraction distincte, plus lourdement punie que la consommation dans bien des cas.
- Remettez ce que vous détenez lors de la demande de traitement : dissimuler la substance fait perdre le bénéfice de l’exemption par un texte exprès.
- Documentez tôt votre situation familiale : les exceptions à l’éloignement reposent sur le lien au moment des faits et sur la preuve de l’entretien.
- Ne faites aucune déclaration sans avocat : la frontière entre usage personnel et détention en vue du trafic se trace le plus souvent dès les premières déclarations.
- Conservez vos ordonnances : les médicaments prescrits obéissent à des règles, et les établir à l’avance est bien plus simple qu’après l’interpellation.
- Menez le programme de traitement à son terme : l’achever empêche toute poursuite ; y manquer renvoie le dossier devant la juridiction.
Références juridiques
- Décret-loi fédéral n° 30 de 2021 sur la lutte contre les stupéfiants et les substances psychotropes, tel que modifié — loi fédérale.
- Décret-loi fédéral n° 31 de 2021 portant promulgation de la loi sur les crimes et les peines — loi fédérale.
- Décret-loi fédéral n° 38 de 2022 portant promulgation du code de procédure pénale — loi fédérale.
Vous-même ou un membre de votre famille êtes-vous partie à une affaire de stupéfiants ?
La différence entre la peine et le traitement, et entre l’éloignement et l’exemption, se joue dans les premières heures et sur les bonnes pièces.
AWADH ALMHEIRI LAW FIRM AND LEGAL CONSULTATIONS — Dubaï, Émirats arabes unis

Avertissement juridique
Le présent article est publié dans un but de diffusion de la culture juridique et de sensibilisation de la société. Il ne constitue ni une consultation juridique ni un avis juridique sur une situation déterminée, et n’établit aucune relation de mandat ou de représentation. L’issue de chaque affaire varie selon ses faits, ses pièces, le type et le poids de la substance et le nombre d’interpellations ; les textes, les Tableaux annexés et les modifications législatives sont susceptibles d’évoluer. Il est toujours recommandé de consulter un avocat agréé pour un conseil propre à votre situation. AWADH ALMHEIRI LAW FIRM AND LEGAL CONSULTATIONS décline toute responsabilité pour toute décision prise sur le fondement de ce contenu sans consultation spécialisée. Le présent article est une traduction de l’original arabe ; en cas de divergence entre les deux textes, le texte arabe fait foi.
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