Conciliation et règlement pénal dans la loi émiratie

Conciliation et règlement pénal dans la loi émiratie

La conciliation et le règlement pénaux sont deux mécanismes offerts par la nouvelle loi émirienne de procédure pénale, promulguée par le Décret-loi fédéral n° 38 de 2022, afin de mettre fin à certaines affaires pénales sans parvenir à un procès complet ni à un jugement définitif, dans des catégories déterminées de délits et de contraventions. Une fois les conditions de la conciliation réunies et celle-ci approuvée par le Ministère public ou par le tribunal compétent, l'action pénale s'éteint de plein droit, sans qu'un jugement sur le fond soit nécessaire. Outre la conciliation, la loi a encadré l'ordonnance pénale comme un règlement simplifié pour certaines infractions de faible gravité, tout en préservant le droit d'y former opposition. Dans cet article, nous expliquons quand l'action pénale s'éteint sans procès, quelles infractions admettent la conciliation et qui détient le droit de transiger, l'effet de la conciliation sur l'action civile, et comment l'avocat protège les droits de son client tout au long du processus.

Quand l'action pénale s'éteint-elle par la conciliation et le règlement pénal sans procès en vertu de la nouvelle loi émirienne ?

1. Que recouvrent la conciliation et le règlement pénaux dans la nouvelle loi de procédure pénale ?

Le Décret-loi fédéral n° 38 de 2022 portant promulgation de la loi de procédure pénale a remplacé la loi fédérale n° 35 de 1992 et a établi un cadre plus large de justice pénale restaurative. La conciliation pénale est un accord qui met fin au litige pénal dans les infractions déterminées par la loi, de sorte que l'action s'éteint dès son approbation par le Ministère public ou par le tribunal. Le règlement englobe aussi l'ordonnance pénale, une procédure simplifiée permettant de trancher certaines infractions de faible gravité sans le parcours habituel du procès. L'essence de l'idée est que le législateur a mis en balance le droit de punir de l'État et l'intérêt de la société à régler rapidement les affaires mineures et à alléger la charge des tribunaux, tout en préservant les droits de la victime.

2. Les causes d'extinction de l'action pénale

La nouvelle loi a énoncé les causes par lesquelles l'action pénale s'éteint, parmi lesquelles la conciliation, le désistement et l'ordonnance pénale définitive. Les principales sont les suivantes :

Décès du prévenu
L'action s'éteint par le décès du prévenu, l'objet de la peine disparaissant.
Un jugement définitif
Un jugement définitif ayant l'autorité de la chose jugée est rendu dans l'affaire.
Une ordonnance pénale définitive
L'ordonnance pénale devient définitive faute d'opposition formée contre elle.
La conciliation
La conciliation pénale dans les infractions où la loi permet la transaction.
Le désistement de l'ayant droit
Le désistement de la victime dans les infractions dont la poursuite est subordonnée à sa plainte.
Amnistie générale ou abrogation de la loi
Une amnistie générale est prononcée, ou la loi réprimant l'acte est abrogée.

3. Quelles infractions admettent la conciliation, et qui détient le droit de transiger ?

La conciliation ne s'applique pas à toute infraction ; la loi l'a circonscrite à des catégories déterminées de délits et de contraventions, à l'exclusion des crimes graves. La Cour de cassation a confirmé que la conciliation de la victime ne produit son effet que dans les infractions où la loi a expressément prévu que l'action peut s'éteindre par désistement ou conciliation ; elle ne saurait donc être étendue ni appliquée par analogie à une infraction non mentionnée. Le droit de transiger ou de se désister appartient à la personne ayant qualité et intérêt, généralement la victime ou son représentant légal. Aussi, la première chose que fait l'avocat est d'apprécier le type d'infraction afin de s'assurer qu'elle entre dans le champ où la loi permet la conciliation, avant d'entamer tout règlement.

4. L'effet de la conciliation : extinction de plein droit, sans retour possible

Dès lors que les conditions de la conciliation sont réunies et que son procès-verbal est approuvé par le Ministère public ou par le tribunal compétent, l'action pénale s'éteint de plein droit, sans qu'un jugement sur le fond soit nécessaire. La Cour de cassation juge de manière constante que la conciliation remplissant ses conditions met fin directement à l'action. Plus important encore, une fois signée et officiellement approuvée, la conciliation devient contraignante : aucune partie ne peut s'en rétracter ni la contester ; et si le prévenu exécute les obligations convenues, l'action est réputée éteinte et ne peut être ravivée. D'où l'importance de rédiger un procès-verbal de conciliation équilibré qui préserve les droits du client — qu'il soit prévenu ou victime — et empêche toute interprétation ultérieure à son encontre.

5. L'ordonnance pénale : un règlement simplifié et comment y former opposition

L'ordonnance pénale est une procédure simplifiée encadrée par la nouvelle loi pour trancher certaines infractions de faible gravité sans suivre l'intégralité des procédures ordinaires de jugement ; elle est rendue sur la base de ce que requiert le Ministère public et de l'appréciation de l'autorité compétente. Cette procédure ne supprime pas le droit de la défense : le prévenu ou la partie civile peut former opposition à l'ordonnance pénale dans le délai prescrit par la loi. Si l'opposition est formée dans les délais, le litige se poursuit selon les procédures ordinaires de jugement devant le tribunal compétent ; et si aucune opposition n'est formée dans le délai, l'ordonnance devient définitive et l'action pénale s'éteint par elle. Aussi, la surveillance des délais et le dépôt de l'opposition en temps utile comptent-ils parmi les questions les plus délicates dont l'avocat a la charge.

6. La conciliation et l'action civile, et le rôle de l'avocat dans la protection du client

L'extinction de l'action pénale par la conciliation n'emporte pas nécessairement la déchéance du droit civil à réparation ; la personne lésée peut réclamer ses droits civils au titre du préjudice né de l'infraction, à moins que l'accord de conciliation ne comporte un règlement exprès de ce droit. La conciliation doit donc être rédigée avec une précision qui clarifie le sort de l'action civile, afin que le volet pénal n'entre pas en conflit avec le volet civil. Le rôle de l'avocat consiste ici à apprécier la licéité de la conciliation et le type d'infraction, à rédiger un accord de conciliation équilibré qui préserve les droits du client, et à le représenter devant le Ministère public ou le tribunal pour consigner et approuver officiellement le procès-verbal, garantissant que l'action s'éteigne de manière régulière, sans surprises ultérieures.

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Foire aux questions

Quelle est la différence entre la conciliation, le désistement et le règlement dans les affaires pénales ?+
La conciliation est un accord qui met fin au litige pénal dans les infractions déterminées par la loi, de sorte que l'action s'éteint dès son approbation, tandis que le désistement est l'abandon par la victime de sa plainte dans les infractions dont la poursuite est subordonnée à une plainte. Tous deux ne produisent leur effet que dans les infractions expressément prévues par la loi, et aucun ne peut être étendu.
La conciliation est-elle admise dans toutes les infractions ?+
Non. La loi circonscrit la conciliation à des catégories déterminées de délits et de contraventions, à l'exclusion des crimes graves. La Cour de cassation a confirmé que la conciliation ne s'applique que dans les infractions où la loi prévoit l'extinction de l'action par conciliation ou désistement, et aucune autre infraction ne peut leur être assimilée par analogie.
Peut-on se rétracter de la conciliation après son approbation ?+
Dès lors que le procès-verbal de conciliation est signé et approuvé par le Ministère public ou le tribunal, il devient contraignant et aucune partie ne peut s'en rétracter ni le contester. Et si le prévenu exécute les obligations convenues, l'action est réputée éteinte et ne peut être ravivée.
Qu'est-ce que l'ordonnance pénale et comment y former opposition ?+
L'ordonnance pénale est une procédure simplifiée permettant de trancher certaines infractions de faible gravité sans les procédures complètes du procès. Le prévenu ou la partie civile peut y former opposition dans le délai prescrit ; si une opposition est formée, le litige se poursuit selon le procès ordinaire, et si aucune opposition n'est formée dans le délai, elle devient définitive et l'action s'éteint par elle.
La conciliation me fait-elle perdre mon droit à réparation civile ?+
Pas nécessairement. L'extinction de l'action pénale par la conciliation n'emporte pas automatiquement la déchéance du droit civil à réparation du préjudice, à moins que l'accord de conciliation ne comporte un règlement exprès de ce droit. Le procès-verbal doit donc clarifier le sort de l'action civile afin que le volet pénal n'entre pas en conflit avec le volet civil.
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Avertissement juridique
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Dans l'émirat de Dubaï, AWADH ALMHEIRI LAW FIRM AND LEGAL CONSULTATIONS assure le suivi des affaires de conciliation et de règlement pénaux en vertu de la nouvelle loi de procédure pénale — de l'appréciation de l'admissibilité de la conciliation pour l'infraction, à la rédaction d'un procès-verbal équilibré, jusqu'à la représentation du client devant le Ministère public et les tribunaux pour faire approuver la conciliation et éteindre régulièrement l'action.

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